Après trente ans sans triomphe à Burghley, elle mise tout jeudi sur le fils de sa jument pour enfin décrocher la victoire

Races de chevaux · 16 septembre 2026

Un rendez-vous majeur du concours complet s’ouvre ce jeudi 3 septembre dans le cadre somptueux du parc de Burghley House, à Stamford. Après trente ans d’efforts sans victoire au plus haut niveau, Sarah Bullimore, cavalière britannique expérimentée, s’alignera cette fois avec un espoir tout particulier : Corimiro, le fils de sa propre jument qu’elle a montée en championnat d’Europe. Ce lien rare entre cavalière et cheval apporte une saveur unique à cette course hippique emblématique, placée sous les projecteurs du concours le plus exigeant du Royaume-Uni.

Burghley 2026 : un parcours historique sous haute tension

Le concours à Burghley est reconnu pour sa difficulté exceptionnelle, un véritable test de résilience et de polyvalence. Le cross-country du samedi, dessiné sur plus de six kilomètres et doté de trente obstacles fixes, dont le mythique Cottesmore Leap, impose un défi colossal à chaque couple. Ce parcours vallonné dans le Lincolnshire allie endurance, technique et audace. Cette année, 51 couples sont engagés, mais c’est la favorite, Sarah Bullimore, qui capte toute l’attention. Forte d’une reconnaissance formelle dans la discipline, elle porte l’espoir de briser trois décennies sans triomphe à Burghley.

Le choix stratégique : un cheval né chez elle, un héritage familial en piste

Corimiro, cheval de dix ans au tempérament fougueux, porte avec lui une histoire unique. Issu de Lilly Corinne, jument que Sarah Bullimore avait montée lors du championnat d’Europe 2015, ce fils est également le frère aîné de Corouet, médaille de bronze européenne en 2021 sous la selle de la même cavalière. Le fait de monter un cheval qu’elle a vu grandir et évoluer dans ses écuries représente un atout rare, surtout dans un sport où les élevages indépendants et le travail de longue haleine sont de plus en plus marginaux.

L’hiver dernier, pour mieux tempérer l’énergie de Corimiro, la cavalière a opté pour une solution ingénieuse : le mettre au paddock avec sa mère. Cette cohabitation improvisée, pleine de respect et d’apprentissages silencieux, a renforcé la confiance et apaisé l’attitude parfois trop entreprenante du cheval. Ce lien maternel, au-delà du symbolique, a eu un impact concret sur la forme mentale de l’athlète équin.

Jeudi, un jour décisif pour un duel homme-cheval qui se veut historique

Le départ de la compétition est fixé au jeudi 3 septembre, avec le dressage qui établira les premières places dans cette course hippique d’exception. Aux yeux des analystes, Sarah Bullimore s’impose comme la favorite, avec une probabilité de victoire estimée à 21 %, une statistique qui reflète les aléas du sport complet où chaque phase compte. Plus qu’une simple compétition, c’est le contexte qui donne à ce jeudi une tonalité particulière : trente ans d’attente pour un triomphe enfin espéré.

Le poids de l’expérience face aux défis du parcours

À 53 ans, la cavalière affiche un parcours jalonné de réussites majeures, sans toutefois jamais assumer la place de vainqueur au sommet. Ses secondes places à Pau en 2017 et à Blenheim en 2022, ainsi que ses deux quatrièmes places à Burghley avant cette édition, témoignent d’une constance remarquable. Mais cette fois, la confiance portée à Corimiro, né et préparé chez elle, pourrait bien franchir la dernière marche. La maturité, l’endurance et le sang-froid seront essentiels, surtout face aux contraintes du cross du samedi et à la finale de saut d’obstacles dimanche.

Ce qui pourrait faire basculer la victoire dimanche

Si jeudi sera crucial pour mettre les bases, c’est le samedi qui captera toutes les attentions avec son fameux cross, meurtrier pour les nerfs et les jambes des chevaux. Le parcours comprend plusieurs étapes techniques où tenir le temps optimum est vital : chaque seconde dépassée se traduit par des pénalités impossibles à effacer. La capacité à galoper en montée, la gestion mentale et la récupération rapide avant le saut final conditionneront la position finale.

La dotation record, avec 120 000 livres sterling pour la victoire, souligne l’enjeu financier mais également sportif, pour un sport où l’élevage local, ici symbolisé par Corimiro, reste une porte précieuse vers l’élite. Le fils de la jument Lilly Corinne pourrait bien devenir une nouvelle légende de Burghley, mettant fin à trente ans sans triomphe pour sa cavalière.

Articles similaires