Matthieu Gay-Perret et Vandale : un duo champion du monde de TREC
En 2022, Matthieu Gay-Perret a atteint le sommet du TREC avec Vandale, son cheval Franches-Montagnes. Le titre mondial a consacré un partenariat construit au fil du travail, des sorties et des concours, plutôt qu’une simple addition de performances individuelles. Dans cette discipline, le cavalier et sa monture doivent se comprendre presque sans délai : une hésitation devant un obstacle, un virage mal préparé ou une consigne mal anticipée peut changer le cours d’une épreuve.
Le TREC se distingue par la variété des compétences qu’il met à l’épreuve. L’orientation demande de lire une carte et de choisir son chemin ; la maîtrise des allures évalue la régularité et le contrôle ; le parcours en terrain varié confronte le couple à des difficultés qui rappellent celles d’une randonnée. À cette combinaison s’ajoute le dressage, qui révèle la précision des aides et la qualité de la relation. L’équitation y est donc moins une démonstration de vitesse qu’un dialogue permanent entre deux partenaires.
La victoire de 2022 raconte aussi la singularité du parcours de Matthieu Gay-Perret. Originaire de la vallée de Thônes, dans un environnement où la montagne et le ski occupent une place naturelle, il aurait pu suivre un chemin sportif différent. La moto a d’abord fait partie de son histoire, avant que l’intérêt de sa compagne pour les chevaux ne l’amène à découvrir l’équitation. Le déclic a été concret : au lieu de rester spectateur, il a acheté Vandale, alors âgé de trois ans.
Ce choix a lancé une aventure qui a progressivement pris la forme d’un parcours sportif de haut niveau. Apprendre à monter, former une jeune monture et découvrir les exigences du TREC sont des étapes qui réclament patience et régularité. Le titre mondial n’efface pas ce cheminement ; il en constitue plutôt un repère éclatant, partagé par un cavalier et un animal qui ont appris à avancer ensemble.
La relation entre eux est au cœur de ce succès. Dans une épreuve d’orientation, par exemple, le cheval doit conserver son calme lorsque le cavalier consulte sa carte ou modifie son itinéraire. Sur un passage technique, la confiance permet d’aborder un dispositif avec davantage de sérénité. La performance repose alors sur une communication patiemment installée, loin des seuls chronomètres et des classements.
Le parcours de ce duo illustre ainsi ce qui rend le sport équestre si attachant : la réussite appartient à deux êtres différents qui construisent une même réponse. Le titre mondial a marqué leur histoire, mais la force de leur association se mesure aussi dans les gestes ordinaires qui l’ont rendue possible.
Un parcours sportif atypique, de la vallée de Thônes aux compétitions
La trajectoire de Matthieu Gay-Perret ne ressemble pas à celle d’un cavalier qui aurait grandi au milieu des manèges et des compétitions. La montagne faisait partie de son horizon quotidien, et le ski semblait une voie évidente. Pourtant, après une première attirance pour la moto, c’est l’équitation qui a fini par s’imposer, à la faveur de la passion de sa compagne. Une rencontre avec le monde du cheval s’est transformée en engagement durable.
L’acquisition de Vandale, un Franches-Montagnes de trois ans, a donné à cette découverte une dimension très concrète. Acheter un jeune cheval signifie accepter un apprentissage partagé : le cavalier doit développer ses compétences, tandis que l’animal découvre progressivement les situations, les aides et les attentes de son partenaire. Il ne s’agit pas simplement de choisir une monture déjà prête à concourir, mais de bâtir une relation et un langage communs.
Cette histoire peut parler à de nombreux cavaliers amateurs. Une personne qui débute dans un centre équestre découvre parfois qu’elle aime autant préparer le cheval que monter ; une autre se passionne pour les longues randonnées avant de s’essayer aux épreuves. Le passage de la curiosité à la compétition n’est jamais automatique. Il suppose de trouver une discipline adaptée à son tempérament, de travailler avec un encadrement attentif et de respecter le rythme de l’animal.
Le TREC a justement pu offrir à Matthieu Gay-Perret un terrain où plusieurs aptitudes se complètent. Le goût de l’effort ne suffit pas : il faut aussi observer, réfléchir et rester disponible aux réactions de sa monture. Un cavalier peut, par exemple, préparer son itinéraire avec soin et devoir l’ajuster quand le terrain ne correspond pas exactement à ce qu’il avait anticipé. Cette faculté d’adaptation fait partie intégrante de la discipline.
La progression d’un couple ne se construit pas uniquement les jours de concours. Les séances de travail, les promenades et les moments consacrés aux soins participent tous à la préparation. Un cheval qui se sent en confiance aborde plus facilement une situation nouvelle ; un cavalier attentif repère mieux les signes de fatigue ou de tension. Cette connaissance mutuelle permet de prendre des décisions justes, y compris lorsqu’il faut renoncer à pousser davantage.
Le titre de 2022 rend donc visible une aventure commencée loin des podiums. Il rappelle qu’un parcours sportif peut naître d’un détour, d’une rencontre et d’un choix audacieux, puis se construire patiemment jusqu’au plus haut niveau.
Le TREC, une discipline complète qui met le couple à l’épreuve
Pour comprendre la portée du titre mondial de Matthieu Gay-Perret et Vandale, il faut regarder ce que demande le TREC. Cette discipline équestre combine plusieurs exercices qui sollicitent autant le jugement que la technique. Le couple ne peut pas se reposer sur une seule qualité : il doit savoir s’orienter, gérer son effort, franchir des difficultés et conserver une équitation précise. Chaque phase apporte son propre défi, et chacune révèle une facette différente de la relation.
L’orientation, souvent associée au parcours d’orientation et de régularité, place le cavalier face à une carte et à un itinéraire. Il lui faut repérer les points de passage, choisir sa progression et tenir compte du terrain. Une décision prise trop vite peut entraîner une erreur de direction ; une allure mal gérée peut aussi compromettre la régularité. Le cheval, lui, doit avancer avec calme malgré les pauses, les changements de rythme et les environnements parfois inhabituels.
Le contrôle des allures demande une finesse différente. Il ne s’agit pas simplement d’aller vite, mais de maîtriser le mouvement dans une zone déterminée. Une monture précipitée ou un cavalier qui manque de stabilité risque de perdre en précision. À l’inverse, une écoute attentive et des aides discrètes favorisent une progression régulière. Cette exigence montre pourquoi la confiance compte autant que la condition physique.
Le parcours en terrain varié met ensuite en scène des obstacles inspirés de situations rencontrées en extérieur. Passer un portail, franchir un petit dispositif ou traverser une zone étroite oblige le cavalier à préparer son cheval sans le contraindre. Les gestes doivent être lisibles, car une demande confuse peut rendre le passage plus difficile. Dans ce contexte, le succès tient souvent à la qualité de l’approche plutôt qu’à la force déployée au dernier moment.
Le dressage, enfin, apporte une dimension de précision et de disponibilité. Il permet d’observer la réponse du cheval aux aides et l’équilibre du couple. Cette diversité explique que le TREC attire des profils variés : certains viennent de la randonnée, d’autres de disciplines plus classiques. Tous doivent apprendre à conjuguer autonomie et technique, deux qualités particulièrement utiles lorsque le terrain impose de s’adapter.
Un concours équestre de TREC raconte ainsi davantage qu’un résultat final. Il met en lumière la préparation, la capacité à garder son calme et la cohérence des décisions prises à cheval. Pour découvrir d’autres parcours liés à cette discipline, le portrait de Lisbeth Lumpp, championne de TREC offre un autre éclairage sur les exigences de cette pratique.
Cette discipline complète fait du partenariat le véritable fil conducteur des épreuves : la technique ouvre la voie, mais la confiance permet au couple de la suivre.
La retraite de Vandale et le nouveau chapitre de Matthieu Gay-Perret
Après des années de compétition, Vandale arrive à une étape différente de son histoire. En 2026, alors que la saison de Matthieu Gay-Perret est décrite comme particulièrement réussie, le moment est venu de mettre un terme aux concours pour sa monture. Cette décision donne un sens particulier au titre de champion du monde obtenu en 2022 : la performance reste un jalon majeur, tandis que la carrière sportive du cheval s’achève après un long chemin partagé.
La retraite d’un cheval de compétition n’est pas un simple changement de calendrier. Elle invite à réorganiser son quotidien en fonction de son âge, de son état et de ses besoins, plutôt qu’en fonction des objectifs d’une prochaine épreuve. Le travail peut laisser davantage de place aux sorties tranquilles, aux périodes de repos et à une activité ajustée. Pour le cavalier, cette transition réclame de repenser la relation : Vandale n’est plus seulement le partenaire d’un parcours sportif, il demeure le compagnon avec lequel une histoire s’est construite.
Il est tentant de mesurer une carrière à ses titres, mais les années passées à préparer un concours comptent tout autant. Les séances où un cheval apprend à franchir un dispositif, les reconnaissances d’itinéraire et les retours au calme après l’effort composent la matière d’une aventure. Pour un public qui découvre l’équitation, ces détails expliquent pourquoi la retraite peut susciter autant d’émotion qu’une victoire : elle marque la fin d’un rythme et le début d’une autre façon d’être ensemble.
Le terme « nouveau chapitre » ne signifie donc pas que l’histoire de Matthieu Gay-Perret et de Vandale s’efface. Il désigne plutôt le passage d’une relation centrée sur la préparation et les résultats à une présence moins tournée vers l’enjeu sportif. Un cheval retraité peut continuer à profiter d’un environnement familier et d’interactions régulières, à condition que les activités soient adaptées à sa situation. La priorité devient alors son confort, sans chercher à reproduire les efforts des saisons précédentes.
Pour le cavalier, cette étape ouvre aussi des questions naturelles : comment poursuivre la compétition, quel cheval accompagnera la suite de son parcours, et que conserver de l’expérience accumulée avec Vandale ? Les informations disponibles ne précisent pas les réponses ni un éventuel calendrier sportif futur. Elles permettent toutefois de comprendre que la retraite de la monture constitue le point de départ d’une nouvelle phase, et non l’annonce d’un projet déjà défini.
Une saison réussie peut ainsi se lire de deux manières : comme l’aboutissement d’un cycle pour le cheval et comme une transition pour son partenaire. Dans les sports équestres, savoir s’arrêter au bon moment fait aussi partie du respect dû à l’animal.
Après Vandale, une nouvelle étape pour le cavalier et le sport équestre
La retraite de Vandale pose une question familière dans le monde du sport équestre : comment un cavalier prolonge-t-il son parcours lorsque son partenaire de longue date quitte la compétition ? Il n’existe pas de réponse universelle. Certains choisissent de transmettre leur expérience, d’autres prennent le temps de préparer une nouvelle monture, et beaucoup combinent plusieurs activités. Dans le cas de Matthieu Gay-Perret, les éléments disponibles annoncent une transition, sans détailler le projet qui suivra.
Ce moment peut être compris à partir de ce que le duo a construit. Le cavalier ne repart pas de zéro : des années de travail lui ont permis d’affiner son regard, de mieux lire les réactions d’un cheval et de comprendre les exigences des épreuves de TREC. Ces compétences sont transférables, même si chaque nouvelle monture possède son propre tempérament. Le travail recommence alors sous une forme différente, avec d’autres points forts et de nouveaux repères à établir.
La comparaison avec Vandale serait inévitable, mais elle ne devrait pas devenir une attente impossible à satisfaire. Un cheval ne remplace pas un autre ; chaque partenariat a son rythme et sa personnalité. Par exemple, une monture plus sensible peut réclamer des transitions particulièrement progressives, tandis qu’un animal très énergique demandera une gestion attentive de l’effort. Adapter l’entraînement à ces caractéristiques constitue une marque de compétence, non un recul par rapport aux résultats passés.
Le récit de Matthieu Gay-Perret offre aussi un aperçu accessible de la diversité des chemins qui conduisent à l’équitation de compétition. Son arrivée dans cet univers, après des intérêts sportifs différents, rappelle qu’un cavalier peut découvrir une discipline à l’âge adulte et s’y investir profondément. Pour les pratiquants qui débutent ou hésitent à se lancer dans un concours, son exemple souligne l’importance de la curiosité, de la régularité et d’un encadrement qui valorise la progression plutôt que la précipitation.
La suite du parcours ne se résume pas nécessairement à un nouveau titre. Elle peut prendre la forme d’un apprentissage, d’une transmission auprès d’autres cavaliers ou d’une découverte progressive avec un autre cheval. Dans un sport où la performance dépend d’un être vivant, les objectifs doivent rester compatibles avec la santé et le bien-être de la monture. Voilà pourquoi la fin d’une carrière sportive appelle autant de discernement que son lancement.
Le TREC, par sa diversité, conserve une place particulière dans cette réflexion : il récompense l’orientation, la maîtrise et la capacité d’adaptation autant que l’habileté technique. Un autre récit de championne, celui de Lisbeth Lumpp et de son expérience en TREC, montre combien les trajectoires peuvent différer tout en partageant les mêmes exigences de préparation et de complicité.
Le prochain chapitre de Matthieu Gay-Perret reste à écrire, mais l’expérience acquise avec Vandale en constitue déjà une base solide. Dans cette histoire, la vraie continuité ne se trouve pas uniquement dans les podiums : elle se construit dans la manière de prendre soin du cheval et de faire évoluer le partenariat.