Tir à l’arc à cheval : auréolée de son titre mondial, la France entame mercredi en Espagne la défense de son or européen

Races de chevaux · 07 octobre 2026

Championne du monde par équipes depuis septembre 2025 et tenante de l’or européen, la France retrouve les meilleurs cavaliers-archers du continent à Centelles, en Espagne. Du 23 au 27 septembre, huit Tricolores tenteront de prolonger cette série, dans une compétition où la réussite repose autant sur la complicité avec le cheval que sur la précision de l’archer.

Tir à l’arc à cheval : la France en défense de son titre européen

Le rendez-vous de Centelles s’annonce comme un nouveau test pour une équipe de France habituée aux podiums. Elle a remporté l’or collectif aux championnats d’Europe de 2019, 2022 et 2024, puis conservé son titre mondial en 2025. Cette fois, les Bleus abordent le championnat européen avec deux couronnes récentes à défendre et une délégation répartie entre seniors, jeunes et épreuves individuelles.

La sélection annoncée par la Fédération française d’équitation réunit trois seniors, trois jeunes et deux cavalières individuelles de 15 et 17 ans. Parmi les particularités de l’équipe, Jive La Beige est engagé dans deux catégories, avec Raphaël Malet chez les seniors et Ilan Borruel chez les jeunes. Un cheval, deux cavaliers et des repères à harmoniser : la polyvalence de la monture comptera autant que les qualités de tir.

Une compétition équestre où le cheval doit galoper sans les rênes

Le principe du tir à l’arc à cheval paraît simple : le cavalier lance sa monture dans un couloir, prend son arc et vise les cibles avant la fin de la piste. Mais, les deux mains occupées par l’arc et la corde, il guide le cheval avec son assiette, ses jambes et sa voix. Le galop doit rester régulier et droit, même lorsque l’archer se retourne pour tirer vers l’arrière.

Cette exigence explique pourquoi l’archerie ne suffit pas à faire un bon cavalier-archer. Un cheval qui ralentit ou dévie peut compromettre toute une série, tandis qu’une monture calme et attentive permet à son partenaire de se concentrer sur ses tirs. Pour les curieux qui souhaitent découvrir les traditions équestres liées aux peuples cavaliers, la fête Naadam et ses épreuves équestres offrent un aperçu de cet héritage culturel.

En compétition moderne, les cavaliers enchaînent trois épreuves : la Tower, le Raid et la Chasse. La première sollicite plusieurs angles de tir autour d’une cible, le Raid demande de toucher différentes cibles le long d’une piste, et la Chasse se déroule sur un parcours en terrain varié. Chaque épreuve compte pour un tiers du résultat final, ce qui rend la régularité essentielle.

Trois épreuves décisives pour les cavaliers-archers français

La vitesse ne suffit pas à gagner. Le chronomètre, le nombre de flèches tirées et leur précision entrent dans le score, tandis que le comportement du cheval conditionne la qualité du passage. Un cavalier peut ainsi briller sur la ligne droite et perdre du terrain sur la Chasse, où le parcours change de rythme et de direction.

Le classement par équipes repose sur les résultats de trois couples, sans possibilité d’écarter la moins bonne performance. Chaque passage pèse donc dans la balance : une série manquée par un équipier peut avoir un effet direct sur la médaille d’or collective. C’est un format exigeant, qui récompense la cohésion plutôt qu’un seul exploit individuel.

Cette maîtrise se construit progressivement, en habituant le cheval au couloir, au geste de l’archer et au bruit de la corde. L’équipement et le travail du cavalier comptent aussi : une assiette stable et une monture attentive libèrent le haut du corps au moment du tir. Pour mieux connaître les structures et les rendez-vous de la filière, le guide des salons équestres rassemble des repères utiles aux passionnés de sport équestre.

Raphaël Malet et Chloé Simons, deux parcours à suivre en Espagne

Raphaël Malet arrive avec un titre européen senior remporté en 2024, alors décroché avec Ritano. À Centelles, il concourra avec Jive La Beige et retrouvera une épreuve de haut niveau après le sacre mondial par équipes obtenu en 2025. Sa nouvelle association avec le cheval sera l’un des points d’attention de la délégation.

Chloé Simons, elle aussi championne d’Europe en 2024, passe des jeunes à l’équipe seniors. Elle montera Eden de Kerbotin, son propre cheval, après avoir disputé les Mondiaux 2025 sur une monture louée aux États-Unis. Ce changement souligne une caractéristique forte de cette discipline : la relation entre un couple cavalier-cheval se construit dans la durée, même si les grandes compétitions peuvent imposer des adaptations.

Une sélection française répartie entre clubs et catégories

Chez les seniors, Aymeric Baudry sera associé à Jaiko de Nogal, Raphaël Malet à Jive La Beige et Chloé Simons à Eden de Kerbotin. L’équipe jeunes réunira Ilan Borruel avec Jive La Beige, Enzo Coli Jun Ong avec Raiduk Ar C’hoat et Titouan Coucoulis avec Toto. En individuel, Émilie Chaigneau participera en U15 avec Tango La Beige, tandis qu’Eva Coli Jun Ong sera engagée en U17 avec Féline d’OK.

La délégation compte sept chevaux pour huit cavaliers. Outre Jive La Beige, Raiduk Ar C’hoat change également de cavalier : il avait porté Chloé Simons vers le titre européen juniors en 2024 et sera cette fois monté par Enzo Coli Jun Ong. Le Domaine de Gauchoux fournit quatre chevaux, tandis que plusieurs clubs de Nouvelle-Aquitaine sont représentés, dont le club du Capimont, auquel est rattaché Titouan Coucoulis.

La défense du titre mondial nourrit les ambitions tricolores

Aux championnats du monde de 2025, disputés dans le Tennessee, la France a conservé l’or par équipes avec 293,532 points, devant l’Indonésie et la Pologne. Les cavaliers français avaient alors concouru sur des chevaux loués sur place, une contrainte qui rend leur performance particulièrement parlante pour une discipline où l’accord entre l’archer et sa monture est central.

À Centelles, l’objectif est désormais de transformer cette dynamique en nouvelle réussite européenne. Les trois parcours, les montures partagées entre catégories et l’absence de score écarté laisseront peu de place à l’improvisation. Pour la France, la défense du titre se jouera dans la précision des flèches, mais aussi dans la confiance construite entre chaque cavalier et son cheval.

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